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Kodjo Agbovon était un homme renommé et craint, non seulement dans son village togolais, mais dans toute la région. On venait le consulter sur tous les problèmes et surtout dans les cas de maladie dans les familles. Pour entrer dans sa maison, il fallait passer par une porte au linteau de laquelle était accrochée une lourde pierre. Elle était censée s’abattre sur toute personne venant vers lui avec de mauvaises intentions… Il fallait donc bien réfléchir avant de franchir le seuil !

Le consultant devait apporter des bouteilles d’alcool, une poule ou une chèvre, des billets de banque, selon l’importance de sa requête. Inutile de dire que ce ‘’métier’’ de sorcier était une belle source de revenus pour M. Agbovon. Après toutes sortes de formules et pratiques magiques, le sorcier finissait par donner à son visiteur des "médicaments" pour neutraliser les mauvais sorts que des suspects avaient jetés sur le malade et parfois même pour neutraliser définitivement le présumé jeteur de sorts ; le médicament devenait alors poison.

Pour un prix supplémentaire, le sorcier remettait aussi au consultant un personnage sculpté sur bois : soit une statuette protectrice à porter sur soi, soit une figure humaine devant représenter le jeteur de sorts auquel on pouvait alors nuire à distance en enfonçant des clous en diverses parties de la statuette. Ces sculptures étaient fabriquées par M. Agbovon lui-même, qui était un sculpteur sur bois très adroit et inventif.

 

Un jour, une équipe de chrétiens togolais est venue dans ce village. Ils ont aidé les villageois à creuser un puits et, par des visites dans les maisons, et des soirées publiques sur la place du village, ils ont parlé aux habitants de Jésus, de sa venue sur la terre, de la bonne nouvelle de sa vie , de sa mort et résurrection et de sa présence auprès de tous ceux qui répondent à son invitation, leur enlevant toute peur et apportant la paix.

 

Un chrétien courageux franchit aussi le seuil de la maison de Kodjo Agbovon et engagea une conversation avec le sorcier qui était très étonné de ce que son visiteur ne lui demandait ni médicament ni statuette. Après de longs entretiens qui se poursuivirent pendant toute une semaine, M. Agbovon exprima le désir de répondre à l’invitation de Jésus et de recevoir enfin la paix dans son cœur et avec les villageois. Il souffrait effectivement du fait que tous ceux qui venaient vers lui le craignaient, mais que personne ne semblait l’aimer. Il  demanda alors le baptême. 

 

Ce fut un jour de fête, célébré avec la communauté chrétienne du village voisin. Kodjo Agbovon se place ou centre d’un cercle où il dépose tous ses objets de sorcellerie puis, devant tous les chrétiens présents, il verse du pétrole sur ce tas d’objets et y met le feu. Non sans crainte, il regarde brûler ce qui faisait sa fortune, mais rien d’extraordinaire ne se produit…Les dieux ne se vengent pas…

Il reçoit alors le baptême avec confiance et espérance. Son prénom de baptême sera désormais

‘’Abraham ‘’,  nom donné avec l’espoir que le nouveau baptisé deviendra le ‘’père des croyants ‘’ de son village encore complètement païen. Ce fut une grande joie pour tous ;  les uns ou les autres se demandaient néanmoins de quoi Abraham allait vivre désormais…

 

Mais voilà qu’éclatent des cris ‘’Au feu !!, au feu !! Et on voit, du côté du village d’Abraham, des flammes et un nuage de fumée s’élever vers le ciel. On apprend vite que c’est la maison du sorcier qui est en feu, certainement incendiée par des païens qui ne pouvaient pas accepter que leur sorcier était devenu chrétien. Abraham est atterré…, mais il voit aussi que les chrétiens qui l’entourent, se mettent à courir vers son village pour essayer d’éteindre l’incendie. Malheureusement, à leur arrivée, il ne restait plus grand-chose à sauver. Mais quelle ne fut pas la joie d’Abraham, d’entendre les sauveteurs lui dire, n’aie pas peur ; tous ensemble nous allons nous mettre au travail pour reconstruire ta maison. Enfin des gens qui l’aimaient !...et cela sans rien lui demander !

Le pasteur responsable de l’équipe d’évangélisation lui fait alors une proposition :

‘’Abraham, j’ai vu tes sculptures et j’ai constaté que tu sais très bien sculpter le bois et je trouve qu’il serait dommage que tu ne mettes plus ce don en valeur. Je sais que tu as beaucoup aimé entendre les récits de la vie de Jésus. Au lieu de sculpter des personnages à larder de clous, pourrais-tu essayer de représenter des personnages et des scènes de la vie de Jésus ? Par exemple en commençant par sa naissance à Bethlehem ?

Abraham se gratte la tête… il n’a jamais été à Bethlehem et n’a vu aucune image des lieux et personnages concernés. Le pasteur l’encourage alors à les sculpter  comme il se les représente.

 Abraham se met au travail et, deux semaines plus tard, il présente une  Nativité de Jésus sculptée telle qu’il la voyait,  très originale : Marie qui vient d’accoucher se repose sur un lit bas en planches et Joseph, couché sur une natte,  au pied du lit de Marie, tient l’enfant nouveau-né dans ses bras protecteurs. Autour d’eux, des bergers nomades Peuls avec leur coiffure typique, ainsi que des chèvres (les bœufs et les ânes étant inconnus au village).

Etonnement et admiration du pasteur et des villageois chrétiens…, jamais ils n’avaient vu la naissance de Jésus représentée de cette façon. De plus, les personnages sculptés en beau bois d’Iroko brun- rouge étaient à la fois beaux et expressifs. ‘’ Pourquoi as-tu choisi cette façon de faire ?’’, lui demande le pasteur. ‘’C’est parce que Jésus est venu aussi vers moi, dans mon village et que maintenant, je suis moi aussi entouré de gens qui m’aiment !

 

Le pasteur a alors présenté le travail d’Abraham à des amis chrétiens au Togo et à l’étranger et la réaction fut rapide et unanime : nous voudrions nous aussi avoir une telle crèche avec ses personnages dans nos églises et nos maisons…Les commandes se sont multipliées , Abraham,  heureux de pouvoir utiliser son talent pour la gloire de Dieu et de faire plaisir à ses nouveaux clients, n’était plus au chômage, pouvant vivre désormais, avec reconnaissance, du travail de ses mains.

 

D. Husser

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